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On ne se demande plus où va Algérie... On sait où elle s'en est allée, au Diable et à Vau l'Eau, on se demande si elle va en revenir en Diable ou à Vélo !

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Algérie S.A, A'hchmou !

Las, les algériens, d'algé-riants qu’ils étaient sont devenus des algé-rien-du-tout, voués comme aux gémonies, à la fuite suicidaire, dans la cale d'une misérable felouque tout aussi fatale que le suicide immédiat. Car leur pays natal leur est devenu fatal, impossible à vivre si on n’est pas anhumain ou anaérobie. Cet endroit qui ne leur est plus un “pays” et dont ils ne savent plus vraiment s’il est dans l’univers connu des hommes, s’il n’est pas un espace sans dimension, ni ciel ni terre, une sorte de volume virtuel à la forme incertaine, où ce qui ressemblerait à la vie ou à l’existence n’y sont plus qu’accidentelles. Aucun savant intrépide, excentrique ou éméché, n’irait se demander quelle alchimie stochastique insuffle l’essence par laquelle les gens de ce qui fut Algérie, respirent , se déplacent et se reproduisent encore, naissant vieux et mourant pour ainsi dire à reculons. On se perdrait dans une métaphysique totalement inconnue, à expliquer l’âme qui persiste dans la souffrance extrême, comme dans ces pénitenciers truffés de trappes traitresses, de douves et de geôles inexpugnables, de chambres de tortures, infestés de boulets hérissés, de herses implacables, de murs mouvants, de ruisseaux empoisonnés, de serpents, de tarentules, de scorpions et de bêtes féroces. Dans l’effroi de l’obscurité, de l’illettrisme, de l’ignorance, ou de l’instruction! les “algériants” ne sont plus que des “algésisants”, condamnés sans même l’issue du “vagabond des étoiles” aux affres du chômage ou de l’esclavage déguisé, du sans logis, du sans le sou, du sans droit, à cause d’être “sans personne”. Ils en sont réduits à louvoyer, se cacher, se mentir, s’anéantir, pour se protéger vaille que vaille de la privation et de la tentation, de la répression et de la menace, du chantage et du piégeage qui les étouffent, les guettant partout où ils se trouveraient, partout où ils ne se trouveraient pas. Ils font ainsi tant bien que mal avec des lois qui “ne protègent pas les naïfs, les étourdis, les innocents”. Des lois qu’ils n’ont pas faites, qu’ils doivent exécuter car “nul n’est censé ignorer la loi”, sauf précisément ceux à qui il échoit de la faire respecter. Cependant, «telle est la loi, disait-on dans l’ile du docteur Moreau”, les dépositaires des destinées algonisantes, planent dans la course au gros gain immédiat, de la “laudation” du maitre au trafic d’influence et en tous genres, à l’abus d’autorité, la corruption, la subornation tous types, le règlement de comptes, la spéculation à tout va sous “la loi de l’offre et la demande”, le mensonge, le double langage, l’ambigüité tous azimuts sous “la politique”, l’atermoiement intéressé ou pire, l’improvisation calamiteuse … De sorte que les algériendutout l’un après l’autre “surmeurent” comme ils ont survécu, dans la clandestinité, respirant l’insécurité et l’incertitude d’un quotidien mortellement absurde, entre de vrais-faux pièges et d’autres, de faux-vrais guet apens et d’autres, des embuscades ou des barrages, sortant de chez eux ou y allant, devant des guichets qui affichent ce qui n’est pas, des étals et étalages qui ne montrent pas ce qui est, des étages fermés même “ouverts”, des limitations farfelues, des interdictions intempestives, des facturations irréelles aussi oppressantes que pressantes, et l’exposition outrancière à des peines et pénalités à hue et à dia. C’est l’état de droit devenu “l’état de la loi”, l’état de droit façonné par des tordus. Ainsi à l’âge de vingt ans, dans un patois sans accent, on en arrive à dire qu’on a “Vingt tonnes”. A quarante ans, soixante ans… On ne dit plus rien, on ahane. Aussi les affreux algonisants, naturels belligérants à leur corps défendant, des services de l’état, des services publics, des services occultes, des commerces, des routes, des maquis, et des tontons makroutes, ils voudraient seulement, avant de s’en aller, pouvoir dire “a’hchmou!” à tous leurs ennemis cachés, impavides dans les haillons de leur incompétence et de leur faim psychique… A’hchmou, yerham djed babatbabacoum ! De la Pudeur ! (Alger 2007)                  

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